Ils ont dit...

Ils ont dit :

Claude Roederer, plasticien; Serge, Philippe Olingue; Philippe Muller; Claude Youenn Roussel; Daniel Dobbels; Per-Jakez Hellias; Jean-Marc Adolphe; Daniel Herrero; Philippe Le Stum; Sandrine Pierrefeu; Jean Guizerix; Fly de La Tour...

Daniel Herrero, sportif de haut niveau, écrivain, chroniqueur :

"Lire la technique et la stratégie d'un match demande compétence et savoir-faire. Mais que serait l'aventure du joueur fut-ce le plus fou, et celle du spectateur fut-ce le plus aveugle si, ne dépassant jamais le cadre de l'explicable, ils roulaient inconscients, sur des routes pour robots? Gaillardement nourri dans les terres du sud, boucané par les senteurs d'huile camphrée, d'anis ou de garbure, Costiou sait lire dans l'éphémère la flamme d'une émotion, la force d'un désir."

Jean Guizerix, Danseur étoile de l'Opéra de Paris :

Parlons de l'alliance de la spontanéité avec la lucidité, du lien magique entre l'instinct et le pouvoir de décision. S'il y a des étapes manquantes entre tel ou tel « arrêt sur image », alors on peut se les figurer, on refait, en totale liberté, son propre choix du parcours d?un bras, d?un buste ou d'une tête, on se remet dans la peau du chorégraphe ou de l'interprète, on s'inspire de ce généreux « gardien des côtes, des à-côtés, des accostés » qu'est Michel Costiou. Je ressens que, au-delà de sa capacité à mémoriser le geste de façon vertigineuse, Michel danse avec nous sur le fil de l'instant et je l'en remercie.

Jean-Marc Adolphe, directeur de la revue Mouvement :

Michel Costiou : Le danseur de papier

Ce sont des dessins qui chantent. Des dessins qui respirent, diffuseurs, propagateurs, en mouvement et en durée. Ce sont des dessins qui dansent, qui viennent de la danse, tracés, le plus souvent, dans le noir d'une salle de spectacle. [...]

Corps conducteurs de rythme, de nuances, de gravité, de densités et d'intensités. Il semble que Costiou, le dessinateur dont je parle, ait cette faculté rare de capter directement cette électricité du mouvement. De l'oeil à la main qui dépose, trajet direct d'une invisibilité prenant forme. Traduction simultanée...C'est un jeu de mots facile, mais tant pis : corps et graphie. [...]

Costiou travaille pour l'éternité, et ses dessins sont un admirable fondu enchaîné chorégraphique du temps qui danse, un moyen qu'a précisément l'éternité de veiller sur nous.

Daniel Dobbels, écrivain, chorégraphe :

"Le geste de Costiou passe au noir et libère ce qui se tient en lisière, presque hors de portée du regard - comme une note inouie, qu'aucun auteur, même anonyme, n'aurait su inscrire sur la double partition du temps et de l'espace."[...]

"Ce que le geste de Costiou rend visible, du creux de ce battement, c'est la croyance. Force que l'on ne nomme pas. Mais qui se croise et se voit, hors de tout, dans le corps du dessin - l'issue du noir. Corps d'encre. Corps d'oiseau."

Fly de la Tour, psypéziste, écrivain :

Dans la piste l'artiste seul s'avance : Michel Costiou. Vêtu de blanc il tient un pinceau en guise de chambrière serait-il dompteur ? À moins que ce ne soit un bâton du diable serait-il jongleur ? Non du tout il est acrobate ou plutôt danseur voltigeur plus précisément puisqu'il faut appeler un tigre un tigre il est acteur graphique mieux encore dessinateur de mouvement.
Dans son dessin Costiou va droit au mouvement. Mieux il y va courbe. Sur le vif sans repentir silencieux il dessine du cirque les figures. Son pinceau lesté à l'encre de Chine virevolte à la poursuite de l'acrobate se cabre devant la cavalerie caresse la trapéziste danse avec les jongleurs et les otaries. Il bouge il est vivant.

Philippe Le Stum, Conservateur du musée départemental Breton :

Costiou, montreur d'ombres.

"Tel le porteur de lanterne magique qui jadis allait de foire en foire captiver la foule des évocations tremblotantes de son théâtre de papier, Costiou court les spectacles collectifs : fêtes de la tradition, cirque ou music-hall, arts de la scène et de la rue. Les feuilles de ses carnets se peuplent en quelques instants de foules de silhouettes endiablées, et l'on retrouve en les contemplant la fascination du badeau devant lequel le montreur d'ombres, derrière l'écran opaque de son petit théâtre faisait s'agiter des épopées."


 

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